Exposition VIRAGEs

Friday  15 December  2017  6:00 PM    Friday  15 December  2017 10:00 PM
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Last update 16/12/2017
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Ouverture d'atelier photo
Présentation de la série "VIRAGES".
Processus d'expérimentation d'impressions argentiques
Collaboration entre PAROLE et Sophie SAPOROSI

Vernissage le 15 décembre 2017
De 18h à 22h

Ouverture du 16 et 17 décembre 2017
de 14h à 18h

9, Rue de Belgrade 1190 Forest

"VIRAGES"
Travail de collaboration entre Sophie SAPOROSI et PAROLE
sur un Processus d'expérimentation d'impressions argentiques
« Virages» est une série de tâtonnements, de geste-fugue, d’essais et d’erreurs partagées.

Au commencement, il y a la capture d’un moment –une prise suivie d’un plus ou moins long repos- une pellicule jachère ou dormante qui attend sa révélation. La première recherche commence là, PAROLE et Sophie SAPOROSI élisent un négatif ensemble, s’accorde sur un cadre. Puis Sophie explique sa provenance, le contexte où l’image a été prise : un voyage au Japon, une résidence en Équateur, un séjour de travail avec des psychiatres au Rwanda, des maraudes au Brésil, un souvenir du pays noir – Charleroi –, un quai en méditerranée, un succédanée d’histoires et d’Histoire, mémoires à tisser et à arraisonner.

S’inaugure la chambre noire et ses bains. Textes peint à l’encre de chine, apparitions rouges striées de phrases, de mots, de signes opaques et transparents. PAROLE colonise les images, envahie les ciels, recouvre les temples, abstrait les natures. Ils cherchent un équilibre, tension vivante et mortifère.

Ces images apparaissent comme des peaux, surfaces sensibles qui ont parcouru tout un processus de transformations manuelles, mécaniques et chimiques. Nous ne sommes plus à l’ère de la reproductibilité technique mais dans une époque de reproduction biocybernétique. Les artistes déploient un temps hybride où lumière rouge, pinceau plume, encre de chine et révélateur chimique se mélangent produisant des mues spontanées et irréversibles.

Territoires, fantômes complices, absences, naufrages multiples, vieilles forêts, architectures tatouées, errances communes, se perdre et se retrouver… Quelque chose résonne et chante, proche et lointain.

Puis, les écritures spontanées deviennent brumes ; le révélateur, spire liquide, turbulence lustrale qui efface et pardonne ? Plongée sous marine. La disparition de l’image et de la trace de l’encre, l’apparition progressive de l'image révélée par le Lithprint ou le bain classique. Aller au fond des choses ; ne serait-ce, à la fin, que révéler des surfaces ?

Moucharabieh d’ombres, rencontres immatérielles, dentelle complexe, ils fusent, strates après strates, généalogies après généalogies, ils creusent, percent l’outre, la poche amniotique.

Forces des images qui pointent au-delà - images revenantes, virages - qui passent, reviennent et capturent les fantômes. Images migrantes qui enveloppent et fixent, qui témoignent et projettent. Images luttes, corps, lettres vivantes qui se propagent, qui condamnent et pansent.

Figuratifs et abstraits, biologiques et géométriques, religieuses et matérialistes. L’ambivalence et le déséquilibre se marient dans l’hétérogénéité. Beautés des couches successives de la mémoire fondée dans le grain d’argent et la lumière. Granulés vivifiant des souvenirs épais.

Chaque épiphanie est chute. Chaque révélation, retour, obsession hantée et pourtant, poussée vers l’avenir.

« Dès qu’il y a du spectre, l’hospitalité et l’exclusion vont de pair. On n’est occupé par les fantômes qu’en étant occupé à les exorciser, à les mettre à la porte ». Spectres de Marx, Jacques Derrida.

Texte de Sébastien MARANDON

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